mercredi 31 août 2011

BELLE DE JOUR




On pourrait disserter longuement sur cette Emma Bovary tendance SM, sur la satire du mariage bourgeois et les élucubrations de Buñuel sur la psychê féminine... Belle de jour retient surtout mon attention comme un brillant exercice de style cinématographique sur les rapports d'un réalisateur avec ses acteurs et sur le statut d'actrice en particulier. Objet de désir et de manipulation constante, le corps de l'actrice est offert et sacrifié à l'oeil pervers du réalisateur et du même coup à celui du spectateur plus voyeur que jamais.


C'est par la corruption, la souillure, la maltraitance et l'humiliation - fictives certes,mais simulées mais avec une gravité absolue- que le visage et la chair d'une actrice accèdent au statut d'icone cinématographique, à l'immaculée adoration. Sèverine -Deneuve aura beau être prostituée, bafouée, fouettée, violée,traînée dans la boue... elle n'est jamais ressortie aussi grande et aussi sublime d'un film. Plus rayonnante et impeccable à force de profanation. Le grand prêtre de cette transmutation de la vierge à la pute et de la pute à la sainte c'est le démon érotique qui la pousse à accomplir son destin et a les traits du sulfureux Pierre Clémenti.






Buñuel nous démontre une fois de plus, en jouant depuis "Le chien andalou" avec les codes du principe de réalité et celui des fantasmes, que dans tout processus "religieux" (le mariage, la sexualité, l'art) il faut immoler et détruire l'objet du culte pour espérer le rendre sacré et éternel.




lundi 29 août 2011

MEN BY LEYENDECKER


















JC LEYENDER légende de l'art illustré des Roaring twenties.

vendredi 26 août 2011

ECRANS CAPTURES



ANNABELLA et JEAN GABIN dans La bandera de Julien Duvivier








MICHELE MORGAN et JEAN GABIN dans Le récif de corail de Maurice Gleize








SIMONE SIGNORET dans Manège de Jean Gremillon




ANOUK AIMEE et GERARD PHILIPPE dans Monsieur Ripois de René Clément




MARLENE DIETRICH dans La soif du mal d' Orson Welles



ECRANS CAPTUR{ES

mercredi 24 août 2011

MADAME YEVONDE



Cette étonnante Madame Yevonde est une jeune femme issue d'une bonne famille anglaise du début du XXème siècle qui s'est lancée en sufragette convaincue dans une insolite carrière de photographe " sociale", spécialisée dans les portraits du grand monde de Londres.



Pionnière de la photographie couleur grâce au procédé Vivex dans les années 30, on lui doit une série de portraits très posés mêlant les codes classiques des poses élégantes, au kistch mythologique le plus inattendu.

Baronnes et duchesses à l'occasion d'une très chic party deviennent sous l'objectif de Madame Yevonde, des déesses de pacotille aux teintes saturées qui ne manquent pas de charme. L'ange du bizarre ne quitte jamais la photographe très "camp" dirait-on aujourd'hui, qui même dans ses natures si peu mortes laissent éclater son sens de la fantaisie un peu morbide.Son époque aux esprits noirs et blancs n'a pas su toujours assez apprécier sa passion pour les couleurs criardes et les mises en scènes théâtrales. La postérité, fée parfois moins ingrate, en a fait l'inspiratrice d'artistes comme Pierre et Gilles, Paolo Calia ou David Lachapelle.


Site de référence: http://www.madameyevonde.com/