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samedi 20 février 2010

LA CHAMADE



Sagan et Alain Cavalier. Histoire d'une jeune femme trop belle, trop légère, trop amoureuse qui s'offre une escapade romantique avant de revenir au nid de son riche protecteur, Piccoli éternel cocu des mélodrames. Sagan et ses marionnettes chics, trois petits tours et puis s'en vont... sans surprise. La machine bourgeoise rattrape toujours la parisienne qui se la joue bohème et passionnée. Qu'elle soit femme, actrice ou écrivainE (sic)!




Deneuve dans une de ses meilleures interprétations des années 70, pleine de spontanéité et de nuances. Le jeune premier lui va comme un gant, admirable visage.



Catherine éblouissante que Cavalier ne se lasse jamais de cadrer en gros plan.
La filmer qui marche dans Paris sans rien dire c'est déjà tout un film qui se suffit à lui-même.





samedi 19 décembre 2009

AIMEZ-VOUS BRAHMS?



Ou préférez-vous la petite musique de Sagan? On se laisse prendre avec nonchalance à son récit délicieux, (ou avec délice à ce récit nonchalant?).
Paule, parisienne de 39 ans, un amant plus âgé qui la trompe et la délaisse, un trop jeune et trop ravissant prétendant qui lui apporterait un nouveau souffle, un dernier élan qu'elle craint? Cela n'a l'air de rien, personnages et trame, mais le style simple et juste, marqué de touches mélancoliques et profondes, finit par nous gagner et sonner vrai. Joli concerto, un rien romantique, crépusculaire et tendre.

"Et vous, je vous accuse de ne pas avoir fait votre devoir d'être humain. Je vous accuse d'avoir laissé passer l'amour, d'avoir négligé le devoir d'être heureuse, d'avoir vécu de faux-fuyants, d'expédients et de résignation. Vous devriez être condamnée à mort, vous serez condamnée à la solitude."

Françoise SAGAN
Aimez-vous Brahms?

dimanche 8 mars 2009

BONJOUR TRISTESSE


"Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse."
Avec cet incipit tout est dit sur la sensibilité et la "petite musique" de Françoise Sagan. Ce court roman qu'elle écrivit à 17 ans est un chef-d'oeuvre de psychologie et de classicisme à rapprocher des récits de Radiguet. Tout y est déjà présent de ce qui fera la force et le charme des romans à venir : la lucidité, le charme, la mélancolie soignée à grandes rasades d'amour sensuel, et surtout l'ironie aussi subtile que la douleur. Une telle précocité dans la compréhension de l'existence et sa restitution délicate dans le miroir de l'art romanesque effraie.


Hélas, "le charmant petit monstre" sera vite englouti sous les vagues succesives de la célébrité fulgurante, des scandales et d'une frénésie autodestructice. Cette légende de pacotille jeta tant d'éclat sur son oeuvre que finalement on ne lisait plus Sagan. J'avoue n'avoir moi-même su m'intéresser jusqu'ici qu'au personnage public, souvent pathétique ou drôle mais toujours attachant, au point de n'avoir lu que son recueil d'anecdotes autobiographiques "Avec mes meilleurs souvenirs" . Avec "Bonjour tristesse" je découvre une jeune fille qui soigne ses phrases comme ses blessures et met autant d'ardeur à vivre qu'à se raconter.
Impossible aussi de ne pas se rappeller le beau film de Preminger avec Jean Seberg, fragile et éblouissante, face à la sublime Déborah Kerr, sous le soleil écrasant de la Méditérranée.




"J'éprouvais, en dehors du plaisir physique et très réel que me procurait l'amour, une sorte de plaisir intellectuel à y penser. Les mots "faire l'amour" ont une séduction à eux, très verbale, en les séparant de leur sens. Ce terme de "faire" matériel et positif, uni à cette abstraction poétique du mot "amour" m'enchantait."