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mercredi 3 mars 2010

LE BEL ETE


A la recherche des premières apparitions d'Isabelle Adjani sur l'écran, je tombe sur un téléfilm de Nina Companez "Faustine ou le bel été" où encore adolescente elle campe déjà une écorchée vive capricieuse et révoltée...




Mais le téléfilm vaut le détour pour différentes autres raisons.
D'abord pour son intrigue à l'eau de rose dans un cadre bucolique qui fait s'entrecroiser de ravissantes jeunes filles aux larges chapeaux de paille avec des cerises en plastique dessus, des robes hippies-chic aux manches bouffantes parfaites pour se rouler dans l'herbe ou courir à travers les champs de blé et coquelicots. J'adore!




Ces demoiselles tout droit sorties d'un album érotique de David Hamilton luttent contre les effusions romantiques que leur inspirent de vieux beaux et quelques jeunes coqs du voisinage (parmi lesquels un séduisant Jacques Weber qui a été une fois jeune, mince, beau ténébreux et plein de retenue dans son jeu).



Ces vierges estivales reçoivent leurs prétendants au fond des bois, alanguies dans les clairières, au bord des rivières où une irrépressible envie de se baigner nues sous la pluie les saisit, ou encore mieux, dans leur chambre mansardée où seulement revêtues du voile de la moustiquaire, elles gémissent :" non, je ne ne veux...", en acceptant pourtant de brûlantes caresses.




Comment une telle sucrerie a-t-elle traversé les années? en se déconfiturant bien évidemment en une délicieuse et amusante guimauve qui ferait passer la pub "Belle des Champs" pour du cinéma d'auteur!



En vérité j'exagère et je dénigre un charmant petit film cousin des marivaudages ou miévreries à la Musset, comme on peut en savourer en cachette, façon plaisirs régressifs. C'est la fin de l'été, il reste des ardeurs juvéniles et des coups de chaleurs près des buissons...là où traînent les nymphes et les faunes du Midnightsummer dream.
En plus ces jeunes filles et ces damoiseaux sont charmants et la photographie générale du film est une grande réussite. Je ne trouve rien de plus séduisant que cette jeunesse, en été, au bord d'une rivière, qui rêve d'amour absolu, de premiers baisers ou plus encore..



Mais je m'empresse de rajouter comme la petite Isabelle dans l'extrait suivant que je ne suis pas un romantique attardé et que " je prends mon thé sans sucre!"

En tout cas, dans l'ombre d'Adjani, on aperçoit pour son premier rôle durant 30 secondes la petite Huppert sur un banc d'école ( n'est-ce pas largement suffisant?), on supporte les mines évanescentes d'une certaine Muriel Catala ( inconnue au bataillon sinon pour la série télé des Claudines de Colette) ou d'une Marianne - attention le pseudonyme arrive: Egerikx!!
Pour faire passer ces fruits trop confits, il fallait un bonboncito et caramelito avec lequel s'étouffer un peu... Francis Huster dans sa petite vingtaine et sa grande beauté, la plus parfaite illustration du jeune premier romantique .
Attention festival de Francis....






dimanche 28 février 2010

UNE SEULE ISABELLE



Alors qu'une certaine Isabelle gesticule pathétiquement sur la scène de l'Odéon dans "Un tramway" n'inspirant aucun désir, la seule et véritable Isabelle du cinéma et du théâtre français est couronnée aux Césars pour un rôle à mille lieues de la diva à laquelle on veut souvent la réduire.

Du bon côté, Adjani, actrice aux multiples visages, aux interprétations nuancées, à la voix juste et éloquente tant dans sa diction que dans ses engagements, actrice qui a choisi l'émotion et ses débordements et qui calcule si mal son plan de carrière au point de disparaître des écrans...
Et en face depuis 40 ans, Huppert, avec sa même tête inexpressive et son jeu volontairement faux et désabusé quand il ne verse pas dans les coups de gueule, sa froideur et son carriérisme implacable, son minimalisme monotone, invariable qui est presque un refus de jouer qu'on salue comme un trait de génie...
L'hyper-actrice Adjani et l'anti-actrice Huppert, la romantique et l'analytique. Deux aspects inconciliables de la femme française peut-être ?



En 1979 Téchiné les réunissait dans "Les soeurs Brönte". Le destin tragique de cette famille d'artistes a donné un film austère et beau comme la lande de leur pays protestant.





Adjani y est incandescente et farouche quand Huppert se tient dans l'ombre avec sa face figée et blasée et ses répliques consenties sur un air de dégoût.




C'est un Téchiné académique comme un peintre proposant des images d'une grande beauté de composition et de teintes dans des séquences au romantisme sombre et glacé comme les hauts de Hurlevent. Pascal Grégory essaie de faire de son mieux avec le talent qu'il a et celui qu'on lui prête... Marie-France Pisier est Charlotte l'autre grande figure de la famille et le film se termine sur elle aux côtés de l'inattendu Roland Barthes dans un rôle de figuration à l'opéra.


Une des premières séquences confronte les deux soeurs magnifiquement :
(Minute 6 du lien vidéo suivant)

http://www.youtube.com/watch?v=CgOM4Vneh2g&feature=related





La petite Huppert trouve que le houx est "une plante humble et triste et banale" s'autodéfinissant à la perfection comme actrice.
Isabelle Adjani piètine un rosier sauvage en fleurs qui symbolise l'amour, "qui n'a qu'un temps de floraison. Je le méprise et je le piétine. Je crache sur l'amour et sur sa vanité!"
L'une joue et incarne les contradictions de l'âme romantique, l'autre essaie de suivre...

Voilà ce soir j'ai décidé d'en finir avec la Huppert, la petite teigne aux cheveux rouges, (même si elle a su me convaincre dans pas mal de films), et je me range dans les plis de la robe d'azur et d'or d'Isabelle la grande.