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mercredi 7 septembre 2011

500




Nous fêtons les 500 MESSAGES, les 500 COULEURS DU TEMPS en presque trois ans d'existence de ce blog et un dépassement de 125 000 clics.!!


Merci aux visiteurs réguliers, aux passagers de hasard, aux flâneurs intermittents, aux lecteurs attentifs et aux récolteurs d'images de tout poil.

Nous fêtons ce chiffre symbolique avec LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT véritable hymne à la joie, à la vie, à l'amour et aux couleurs du temps qui ont ce soir l'éclat des robes des demoiselles Garnier alias Dorléac et Deneuve et le sourire de Georges Chakiris. Maxence aussi est là, marin rêvant à son idéal féminin sans se douter qu'il puisse être lui-même un des visages possibles de l' idéal. Tout cela sous la houlette de l'enchanteur Jacques Demy et la baguette du très grand Michel Legrand!





Entrez dans la danse pour les 500 prochains messages!!





vendredi 3 avril 2009

LA GLANEUSE DE LUMIERE


Buenos-Aires, vendredi 13H, salle comble de 500 personnes pour voir un film sur un petite vieille française qui raconte sa vie? On comprend mieux quand on sait que la vieille dame en question se nomme Agnès Varda et que ce film qui fait courir les cinéphiles du festival BAFICI est une autobiographie-puzzle sur sa belle vie de femme qui glane et tisse des images.

"Les plages d'Agnès" est un pur enchantement. Tout y est poésie, invention, finesse, sincérité. Elle est là sur ses plages de Belgique, Sète ou Noirmoutiers où elle a marché sa vie, à reculons dans le film, et elle installe pour nous des miroirs dans le sable où se reflètent les étapes d'une vie consacrée aux autres, à les regarder, à les aimer, à les aider. La jeunesse de cette éternelle adolescente de 80 ans, fleurit dans chaque parole, chaque vision qu'elle nous propose, avec cet art naïf du bricolage, cet artisanat de l'amateure subtile qui est une vraie leçon pour tous les jeunes artistes contemporains. Avec Agnès tout déborde de vie, de couleurs, de sens et d'émotions. La pensée est sans cesse en mouvement, entre présent et passé, art et existence, soi et le monde et toujours avec ce regard mélancolique et décalé, cette folie douce qui raisonne durement.

C'est un bonheur de l'accompagner à rebours dans cet itinéraire si humain et si prestigieux quand on réfléchit aux artistes qu'elle a croisés: Jean Vilar pour lequel elle immortalisa l'aventure légendaire du TNP en Avignon, Calder auquel elle emprunta cet art de la légèreté, tous ces acteurs avec lesquels elle débuta, Depardieu, Bonnaire, Corinne Marchand, Piccoli... et surtout les équipes de cinéma, script, techniciens, décorateurs, tous filmés avec affection et respect pour ne pas oublier que le cinéma est une affaire de famille.

La famille, grande idée du film, concept large et éclaté, réalité généreuse et chaleureuse comme un grand patchwork. Parents disparus réssucités ou réinventés par l'art quand la mémoire s'éparpille, enfants naturels ou reconnus qui sont comme ces filets que l'on "maille" à la Pointe-Courte, titre du premier film d'Agnès sur les marins de Sète.




Et puis l'amour, du cinéma bien sûr, mais surtout de la vie, et d'un homme de sa vie et du cinéma réunis, Jacques Demy, fantôme lunaire et lumineux qui hante le coeur de ce film -testament ( d'Orphée ou d'Eurydice?). Si tout poème est une déclaration d'amour à quelqu'un ou à quelque chose, ce film est un doux "Mur mure" à l'enchanteur, une lamentation dans un sourire sur le regret de n'avoir pas pu vieillir et filmer ensemble. La "révélation" pudique du mal qui emporta le discret Demy, est aussi un manifeste pour la préservation de soi et la tolérance de ceux qui souffrent. Un secret de famille qu'il fallait laisser courir sur un grande plage au soleil et qui libère, avec des larmes et des sourires, comme le cinéma d'Agnès.


la bande annonce:




mercredi 28 janvier 2009

SOMBRE MELO


J'adore Demy et "Une chambre en ville" m'avait marqué à la télévision dans les années 80. J'en garde des images fortes: Dominique sanda nue sous son vison, Darrieux picolant en chantant" tu me prends vraiment pour une conne!", Piccoli et son coup de rasoir très réussi, Berry charmeur et les manifs à Nantes "flicaille, racaille!"... Tout cela je l'ai retrouvé intact et c'est avec plaisir que le film s'est enchassé dans l'oeuvre du cinéaste que je connais un peu mieux à présent.
En effet cet opus sombre, désespéré, violent et asphyxiant comme les gaz lacrymogènes qui envahissent les rues de la ville est une sorte de somme des obsessions de Demy portées à leur paroxysme. L'obsession lyrique tout d'abord se fait ici radicale avec ces dialogues chantés sans interruption, entre mélodie discrète et récitatif permanent. Cela nous maintient à la frontière du réalisme (le film est extrêment politique et social) et de "l'en-chantement" cher au réalisateur. Obsessions thématiques aussi avec le rapport conflictuel fille-mère, la déchéance sociale, l'amour trompé et impossible, la violence des passions, et le bonheur idyllique ( dirait Varda) aussitôt contrarié.


Tout cela est profondément tragique et sans issue comme chez Sophocle ou Racine ( à la sauce mélo!) et permet de libérer la parole et d'accomplir le destin de chaque personnage. Obsessions stylistiques enfin avec en vrac : les chambres d'hôtel à la Lola, les peaux de bêtes (âne ou vison), les boutiques et les intérieurs soignés style bon bourgeois ou gentil prolétaire, les bourgeoises attachées à leurs meubles, les jeunes hommes happés par le monde, les vierges abandonnées... et on aperçoit même des matelots qui traînent dans un parc!.. C'est qu'avec Demy on pénètre dans une oeuvre totale, un univers clos vivant de ses propres références et de leurs incessantes variations.
Un univers auquel beaucoup sont du reste réfractaires : ils ne passent pas la barrière du jeu chanté qui n'est en fait qu'un sésame-ouvre-toi, un test d'initiation extraordinairement efficace ou répulsif mais qui enchantent doublement les spectateurs qui s'y abandonnent.