vendredi 16 octobre 2009

LE VOILE DE LA MARIEE



Pour en savoir plus une visite s'impose sur le blog de la photographie maison!

www.saintsebastien.blogspot.com


Tous mes voeux de bonheur!

mercredi 14 octobre 2009

EXOTISME INTERIEUR



C'est une vraie joie que de découvrir une figure fascinante cachée dans les replis de l'histoire et les recoins de l'art du XXème siécle dans lesquels on pensait avoir pourtant bien fureté! Au hasard d'un petit album traînant sur la table d'une librairie je tombe sur les photographies de Claude Cahun. Tout de suite attiré par ce "bizarre qui est le commencement du beau" je suis conquis de manière fulgurante par les autoportraits et photomontages de cette créature transgenre et surréaliste qui n'accèda à une vraie reconnaissance que depuis 15 ans.



Cette amie de la troupe Breton, Desnos, Crevel, nièce de l'écrivain Marcel Schwob, est une artiste photographe et écrivaine au parcours douloureux ( mère folle, sexualité marginale,tortures sous la Gestapo, mort précoce...) qui n'a cessé d'expérimenter avec sa propre image, jouant avec les genres, masques, codes et canons esthétiques pour devenir une créature baudelairienne, dandy androgyne ou fleur du mal délisquescente.



Sa démarche, intimiste, naïve et morbide à la fois, semble tourner autour d'une relecture du mythe de Narcisse dans ses perpétuels jeux de miroirs, métamorphoses et découpages avec un grand sens de la théâtralité et de la mise en scène de soi nourri par sa fréquentation de l'avant-garde des années 20 (ballets russes, Pitoëff)



Les Queer-theries et autres studies gender se passionnent pour cet être obsédé par les variations autour d'un troisième genre, une identité "neutre" et feront certainement de Cahun leur figure de proue alors que la seule obsession de Claude fut d'aller à la conquête de ses territoires intimes et de son exotisme intérieur.



extraits de Aveux non avenus

« Je sens comme si je les voyais, mes cuisses maigrir d'une sueur de fièvre, douche parfois brûlante, parfois glacée, toujours inattendue. Mes genoux vidés, les os dissous, vêtu d'un parchemin lucide, se gonflent, flottantes vessies de porc. Mon cœur ralenti sonne un glas funèbre, puis bat bruyamment comme un tocsin. Il devient mobile, se promène dans mon ventre, y éclate en coliques profondes. À chaque secousse, une conscience tombe, pulvérisée. Peu à peu, je m'allège. Bref répit ! Mon cœur se gonfle outrageusement et s'emplit d'hydrogène. Gros ballon rouge et bleu, il monte au bout d'un fil.
À l'autre bout, c'est une guêpe enfermée, qui frappe à coups venimeux aux parois de ma poitrine. Si je l'aidais à sortir ? Et mes ongles sans hésiter pratiqueraient un jour qui guide l'échappée de ce cœur s'il ne faisait dehors désespéremment noir.
Ô nocturne sans issue qui se joue dans les cercles de la nuit musicale, infernal serpent qui s'est décapité en avalant sa queue, bracelet aux sept chaînes hermétiques... »


LOS ABRAZOS ROTOS (replay)



Il faut toujours voir au moins deux fois un film de Pedro Almodovar. La découverte de "Les étreintes brisées"( titre si précieux ainsi traduit alors que "Los abrazos rotos" m'évoquent en castellano une rouge déchirure)avait suscité chez moi le plaisir habituel face à une oeuvre d'Almodovar, ce mélange de jubilation de chaque plan et de fascination pour la virtuosité des séquences. A le revoir, je me laisse prendre aux ficelles de l'intrigue, au drame émouvant de ces embrassements rompus. Le perfectionnisme du réalisateur et le total contrôle sur le film me saute aux yeux! L'oeil du cinéaste est au centre de tout. L'oeil se filme, l'oeil écoute, l'oeil s'exprime et se regarde dans un flamboyant miroir. OJO!

mardi 13 octobre 2009

OSSESSIONE, les amants diaboliques



Deux amants magnifiques ou paumés?


Clara Calamai, amoureuse ou manipulatrice?


Massimo Girotti, brutal ou vulnérable?


Un mystérieux espagnol dans l'ombre ami ou plus que ça?


Une fin tragique ou un crime passionnel?

lundi 12 octobre 2009

LA PASSION VISCONTI



Je viens d'achever la longue lecture de la biographie de 600 pages que l'excellente Laurence Schifano a consacré au maître Luchino Visconti. Un travail remarquable de précision documentaire et réflexion sur l'homme, l'oeuvre, l'époque, les milieux sociaux et artistiques.J'y découvre le Visconti prodigieux, prince et esthète mégalomane et tyrannique aux engagements politiques et artistiques viscéraux mais sujets à évolution, ce qui ne fut pas le cas de beaucoup de ses contemporains. La quantité de connaissances et dons accumulés en un seul homme jointe à une énergie titanesque, à un esprit toujours visionnaire et indépendant, forcent l'admiration.



Quant au Luchino intime, il s'y révèle sombre, lucide, cruel, violent dans ses attachements et ses condamnations. L'homme dépeint par Schifano, qui ne fait que recueillir les propos de ses proches, provoque plus souvent le rejet qu'autre chose: un bourreau de lui-même et des autres qu'il jouit de piétiner "ig-noblement" dans un processus de perfectionnisme ou la sublimation conduit à la grâce furtive et à la destruction assurée.
Son élitisme moral et artistique le condamna à un culte du grand et "stronger than life" dont nous pouvons nous repaître dans ses films avec fascination mais qui devait le rendre invivable à lui-même et à tous. Bref comme toujours l'oeuvre est ce qu'il faudra retenir d'une existence consummée par les passions de tous ordres. Visconti était un monstre, un prince, un guépard... et il ne reste aujourd'hui plus que des hyènes et des chacals.



"L'érotisme chez Visconti, balance entre la sacralisation et la profanation, entre l'exaltation et le saccage, il est tout à la fois la manifestation vibrante de la vie et la suggestion de la mort omniprésente, il est d'abord cruauté et vertigineux péril. Et la beauté suscite, non pas seulement l'adoration idolâtre, mais aussi le geste de la profanation mortifère."
Laurence Schifano, VISCONTI une vie exposée

dimanche 11 octobre 2009

QUELQUES CHOSES A SAUVER DES VACANCES



Edith de Camargo chante Villa Lobos et Dietrich à Curitiba en l'honneur d'un symposium autour de la famille de Thomas Mann au Brésil ( sa mère est née à Paraty au sud de Rio) en présence de Frido Mann, petit fils de l'auteur.Il appelle Edith "eine kleine Marlene!"



A Rio j'assiste au documentaire de Josée Dayan sur Jeanne Moreau, film absolument banal et mal conçu où la Jeanne, garce bien-aimée, cabotine plus que jamais. Cette projection s'inscrit dans le cadre du Festival international du film de Rio de Janeiro où celle-ci, invitée d'honneur, a donné une Master Class. Elle y fut selon des sources de gossip boys très fiables, "odieuse avec le public" en refusant catégoriquement de parler de son passé et en insistant pour rencontrer des jeunes étudiants de ciné. Cette obsession de vieille sphinge dévoreuse de chair fraîche et muse des avant-guardes qui n'existent plus est à la fin un peu pathétique.



Pour un dernière nuit à Rio, je garde une image de Lapa et des bars où sonne le samba. Une énergie féroce et exubérante qui de temps en temps revient me fasciner et me parle de ma jeunesse brésilienne.



Et pour les belles images je garde celles des ami(e)s et des rires qu'ils m'ont offerts. Edith, Torrone, Felipe, Annick, Nathalie,Fabrice... Quand vous reverrai-je?
Il me faudra encore franchir bien des frontières aériennes pour tisser le fil des amis disséminés de par le monde.

"Capri, c'est fini" chante Moreau dans le rôle de Duras pour l'extrait de "Cet amour là" dans le docu de Dayan. C'est drôle mais c'est la bande sonore de ces vacances inondées de pluie à Rio. Je suis venu pour el cierre.

Moi je chante aussi au milieu des flaques:
"Rio c'est fini ... je ne crois pas que j'y retournerai un jour!"

Quant à cet amour-là, le fil est rompu par ma faute, perdu, sans espoir de retour.
J'ai fait mon voyage de pénitence et châtiment.
Maintenant Chega de saudade. Seja feliz!

mercredi 30 septembre 2009

JE ME SOUVIENS DE....



HAMMAMS d'Istambul,vapeur, marbre et chaleur, parfum de musc et de savon, cascades d'eau coulant des robinets dorés.



Dans le froid persistant de ce printemps austral, du fond d'un labyrinthe d'asphalte, je rêve d'Orient et d'oubli facile...