mercredi 11 novembre 2009

COMME UN TRAIN DANS LA NUIT AMERICAINE



J'avais oublié que Jaqueline Bisset était si belle. Pas étonnant que Truffaut ait réussi à la séduire comme ce fut le cas pour Moreau, Pisier, Alexandra Stewart, Deneuve, Ardant et tant d'autres.

Et je reconnais que JP Léaud sait parfois être plus attachant qu'irritant.



Dans cette scène, on trouve un magnifique téléphone blanc avec lequel Antoine informe le mari de sa maîtresse qu'il a couché avec elle! Truffaut qui, à ses débuts comme critique féroce aux Cahiers du cinéma, dénonçait les films de qualité française comme "des films conventionnels et artificiels où apparaissent toujours des téléphones blancs", a dû choisir celui-ci exprès, ironiquement, ou commettre un lapsus de mise en scène qui en dit long sur le cinéaste plus "classique" qu'il était devenu.

On peut reprocher ce qu'on veut à Truffaut, mais il avait vraiment le sens de la bonne scène et de la juste réplique:

"La vie privée elle est boîteuse pour tout le monde, les films sont plus harmonieux que la vie. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps mort, tu comprends, les films avancent comme des trains dans la nuit."

dimanche 8 novembre 2009

LE GLANEUR

Volés sur des blogs favoris (désolé et merci!)ou de mes liens facebook, les textes et images suivantes, au petit bonheur du hasard des connexions...


JEAN GUIDONI

lien :http://pepitotheque.blogspot.com/

LES SOLITAIRES INTEMPESTIFS

"Nous avons trente ans.
Nous croisons parfois quelques gamins qui nous disent : "de ton temps..."
Nous sommes nés à la fin de la Guerre Froide, nous parents ont l'âge de Brigitte Bardot, Johnny Hallyday et Pierrot le Fou.
Ils auraient l'âge de Jean Seberg si elle avait voulu.
Nous sommes les petits frères des fameux enfants de Marx et de Coca-Cola et nos écoles sont restées fermées pendant le mois de mai 1968.
Nous sommes devenus sans nous en rendre compte les aînés de la Génération morale.
Nous faisons l'amour en pensant à la Mort et nous sommes inquiets de la Paix.
Nous sommes Fabrice à Austerlitz : nous ne voyons rien des batailles et des réalités du monde.
Nous sommes amusés de notre propre nostalgie. Nous sommes nourris de nos livres et des livres de ceux qui nous précédèrent.
Nous aimons les chansons qui nous parlent de chansons et les films qui nous parlent de cinéma.
Nous marchons paisiblement dans la peur et la beauté des catastrophes ou des utopies les plus terribles.
Nous ne sommes faits que des souvenirs qu'on nous inculqua.
Nous ne sommes pas des références."


Jean-Luc Lagarce

Lien: page Anna Prucnal de Facebook



photo extraite de LES QUATRE JUMELLES de COPI mis en scène par Jorge Lavalle en 1973

Lien :http://stloup.blogspot.com/

Walter Benjamin dit quelque part que la première expérience que l’enfant a du monde, n’est pas que “les adultes sont plus forts, mais qu’il est incapable de magie”. Cette affirmation faite sous l’effet de la mescaline, n’en est pas moins exacte. Il est probable en effet que l’invincible tristesse dans laquelle sombrent parfois les enfants naisse précisément de cette prise de conscience qu’ils ne sont pas capables de magie. Ce qu’il nous est donné d’atteindre à travers nos mérites et nos efforts ne peut nous rendre véritablement heureux. Seule la magie en est capable. C’est ce qui n’avait pas échappé au génie infantile de Mozart. Dans une lettre à Bullinger, il indique avec précision la secrète solidarité qui lie la magie et le bonheur : “Vivre bien et vivre heureux sont deux choses différentes, et la seconde, sans magie, ne m’arrivera certainement pas. Pour que je sois heureux, il faudrait qu’arrive quelque chose de vraiment extérieur à l’ordre naturel.“

Giorgio Agamben, “Magie et bonheur” dans Profanations, Paris, Rivages, 2006

YA LO TENGO



Voilà je l'ai trouvé alors que je ne pensais pas le voir distribué en Argentine avant l'an prochain, je veux parler du dernier CD de Concha Buika "En el ultimo trago".
Que peut-on espérer de mieux dans le genre: des reprises des chansons de Chavela Vargas, Chucho Valdes au piano, Javier Limon à la production, Almodovar préfaçant le livret...
Et je vois qu'elle reprend aussi des thèmes que je ne connaissais pas comme apartenant au répertoire de Chavela, mais à celui de Merceditas Vales comme "Sombras" d'un album acheté à la Havane, ou encore "Las simples cosas", découvert récemment chanté par Martirio et Mercedes Sosa.
Alors je vais écouter et réécouter ce disque inlassablement, hasta el ultimo trago!
Avant d'aller voir la "Concha de tu lora Buika" au Gran Rex début Décembre, Ole!

samedi 7 novembre 2009

J'AIME UN FANTÔME



Je croyais découvrir un film de Mankiewizc et dès les cinq premières minutes je constate que je l'ai vu il y a au moins vingt ans, mais qu'il prendra pour moi, en cette période spéciale comme on dirait à Cuba, une résonnance aussi divertissante que mélancolique.
"The ghost of Mrs Muir" est un film éclairé par la présence de Gene Tierney qui y interprète une jeune veuve se réfugiant dans la solitude d'une maison anglaise faisant face à la mer. Elle découvre que le fantôme d'un marin hante la demeure et loin de s'en effrayer, elle crée une relation de complicité avec lui et devient sa biographe.



Au delà de la fable qui navigue entre fantastique et fantaisie, dérive vers la bluette et la comédie de moeurs, ce film délicieux est en arrière-plan une douce réflexion sur la solitude, créatrice de fantasmes, sur la quête d'un nouvel amour, la recherche d'inspiration pour une nouvelle vie, pour l'écriture... Le capitaine fantôme est comme la voix de la conscience de Mrs Muir, voix qui la pousse à survivre, à se battre, à croire en elle, à tenter de nouvelles aventures avant que la déception ne lui claque la porte au nez et que la solitude se referme sur elle.

Je pensais voir un film d'effroi à l'ancienne... ce fut une radiographie du présent lui-même. Merci Mankiewizc!

PURA CEPA



Quand un spectacle vous donne l'ivresse qu'il manque à vos nuits...
Quand la vitalité a la saveur du vin et que des bacchantes dansent sur La Lupe ou Pink Martini...
Quand un chanteur a le blues éthylique, le profil et le timbre de Chris Isaak...
Quand une belle métisse secoue sa chevelure et croque la pomme...
Quand un danseur léche sa peau comme un tigre qu'on a bien connu et dont le souvenir rôde sur le plateau...
C'est PURA CEPA... et on se laisse aller à la belle ébriété.

vendredi 6 novembre 2009

AMOUREUX SOLITAIRES



A la mémoire de Jacno, compagnon d'Elli Medeiros, pionnier du punk français, parolier de Lio, producteur de Daho. Une de mes idoles d'enfance! parce qu'il jouait des synthés debout pendant que la fille chantait:

"Main dans la main
On se promène
Les gens se moquent
Car ça les gêne
"




Quand les jeunes dandies du début des années 80 commencent à partir en fumée, on peut commencer à s'inquièter... ça sent le roussi.

"Et toi, dis-moi que tu m'aimes
Même si c'est un mensonge
Puisque je sais que tu mens
la vie est si triste
Dis-moi que tu m'aimes
Oublions tout nous-mêmes
J'ai besoin de romance
"