mardi 9 août 2011
dimanche 7 août 2011
AU TEMPS DU BOEUF SUR LE TOIT

C'est parce que je m'intéresse à l'histoire du cabaret "Le boeuf sur le toit" que je consens à me plonger dans le livre de souvenirs écrits à ce sujet par Maurice Sachs, écrivain infréquentable comme on le sait. Et là, me voilà rapidement séduit par ce journal des années folles qui fait revivre avec une plume acerbe et un regard perspicace les grandes soirées artistiques et mondaines d'une époque à la fois fascinante et absurde. Sachs y révèle un tempérament de jeune snob romantique et épris de culture, ami des gloires parisiennes que furent Cocteau, Chanel, Max Jacob, Gide etc...

On le voit doué d'un flair inoui qui lui permet en 1919 de deviner en Proust le romancier du siècle, de célébrer Dada si décrié, d'acheter par goût littéraire et sens de la spéculation les éditions originales des jeunes loups de la NRF et les toiles des peintres pas encore à la mode. Un mal de vivre s'esquisse à la fin de l'ouvrage où l'on sent croître le vertige de l'ennui dans ce tourbillon de fêtes et cette frénésie d'art nouveau. L'ombre de la crise de 1929 commence à plâner sur Paris qui a la gueule de bois.

Je ressors ébloui par ce journal où Sachs apparaît comme un témoin magnifique d'une époque si fertile en talents, où je pense le découvrir dans la sincérité de l'écriture autobiographique, loin de cet image d'escroc et de salaud dans laquelle la postérité l'a figé.

Hélas, je découvre que j'ai été dupé par ce charmeur ignoble et que ce journal est un faux, écrit après la crise, lorsqu'une fois ruiné, Sachs est pressé de vendre un manuscrit à un éditeur. Il rédige alors un copié-collé d'anecdotes plus ou moins authentiques, il trompe la chronologie et joue les pseudo-visionnaires a posteriori, il organise un récit de souvenirs plus ou moins fictifs où tout est calculé pour créer ses effets et où finalement tout empeste le mensonge, la pose, la fausse-monnaie littéraire. Loin d'être un génie incompris, Sachs n'est qu'un escroc par nature. Il suffit de lire sa biographie pour en avoir le coeur soulevé, tel qu'en rend compte l'excellent blogueur de Embruns dans cet article très complet:
Quand même, j'aurais été magnifiquement pris au piège moi-même. J'aurais bien voulu que ce journal fût vrai et que Maurice Sachs eût été un écrivain et un homme digne de ces noms.
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Maurice Sachs
EN CAS DE MALHEUR

Quand une petite garce irrésistible entre dans votre bourgeoise existence pour tout y dévaster et qu'elle a le visage de BB... on voudrait tous avoir la chance du vieux Gabin.

Un film de tradition française comme je les aime de Claude Autant-Lara avec des dialogues impeccables d'Aurenche et Bost, des plans photogéniques et des téléphones blancs tant décriés par Truffaut! Une Bardot exceptionnellement bon actrice, parce qu'elle y joue finalement ce qu'elle " une petite femelle qu'il faut laisser libre". Avec ça Edwige Feuillère en épouse outragée et sublime et le visage viscontien du bel italien Franco Interlenghi.





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samedi 6 août 2011
LUCIAN FREUD AT LAST
Un hommage tardif mais ému à l'oeuvre de Lucian Freud, qui peut me séduire ou provoquer en moi la plus étrange répulsion, c'est selon les oeuvres. Je me suis toujours demandé comment le petit-fils de l'inventeur de l'inconscient et du territoire infini de la vie intérieure, pouvait avoir redonné au corps, au charnel, à la viande cette place prépondérante dans son art? Après une errance juvénile dans les contours brumeux du surréalisme, l'irruption de ces corps décharnés ou obèses dans les toiles de Lucian pourrait signaler comme un retour du refoulé familial, le corps justement, offert dans sa nudité et sa crudité provocante et vulnérable. Toutes les pulsions du viscéral que son ancêtre avait baignées dans des concepts si rationnels, il semble que le peintre a su les dénuder dans une lumière érotique et funèbre comme pour une exposition sacrificielle.
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vendredi 5 août 2011
SAINT-CYR

Saint-Cyr est un film de Patricia Mazuy sur cette école éponyme créée au 17ème siècle par Mme de Maintenon pour y éduquer les jeunes filles de la noblesse ruinée selon les principes de la raison et le culte des sciences et des arts. On y apprend le français classique, les bonnes manières, les vertus sociales, la philosophie nouvelle, l'art de la poésie, du chant, de la musique. On y joue Racine entre vierges idéales et exaltées pour émouvoir les grands de la cour venus stupéfaits, contempler la fine fleur des demoiselles de France.

Anne de Grandcamp et Lucie de Fontenelle, deux petites Normandes, arrivent à l'école de Saint-Cyr et vont y grandir, s'y aimer, s'y déchirer, y vivre leur passion fin de siècle. Mais après une vie d'avilissements et d'intrigues, Mme de Maintenon craint les feux de l'enfer. Elle s'en remet alors à un homme d'Eglise pour ramener l'école sur le chemin de la pureté, quitte à renier son idéal d'émancipation. Le beau rêve saint-cyrien d'une elite féminine instruite et libre bascule dans le cauchemar puritain.

Cette oeuvre splendide est passée quasi-inaperçue à sa sortie. Isabelle Huppert en Maintenon y fait des merveilles comme il se doit. Mais c'est aux deux jeunes actrices que revient la palme: Nina Meurisse, la fille d'Huppert à l'écran comme à la ville y incarne une ravissante ingénue passionnelle et mystique tandis que sa compagne, la fascinante Morgane Moré y est une Antigone noire et violente, aux rêves de liberté brisée, intransigeante et furieuse jusqu'au sublime. Qu'est devenue pareille actrice?
Saint-Cyr , outre son esthétique parfaitement inspirée des peintures classiques et baroques, est une réflexion amère sur une utopie déçue, enfantée par une directrice aussi idéaliste que subitement bornée.
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jeudi 4 août 2011
lundi 1 août 2011
HERBERT LIST









La référence première pour la photographie de kouroi. Minérale, aquatique, solaire, épidermique, translucide... la vision de Herbert List est celle d'un esthète saisissant le charme suspendu des instants et des êtres. Son classicisme rayonne et s'impose sans dévoiler plus qu'il n'en faut pour signaler l'essence de la beauté. Simplicié, éclat, émotion, vibration sensuelle. Chaque image est d'une éternelle jeunesse, d'une complète innocence. On n' a pas fait mieux depuis.
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