mardi 20 septembre 2011

PERLEs DE LARTIGUES



Muse de Jacques-Henri Lartigues, flâneur photographique du XXème siècle, Renée Perle est un visage sublime de l'entre-deux guerres qui évoque à elle seule les années folles, la garçonne irrésistible, l'exotisme solaire d'une plage de la Riviera ou le chic glacé d'un intérieur art-déco. Quel bonheur que d'avoir l'exclusivité d'un visage et d'un être pour nourrir sa vie et apaiser sa soif d'images. ( Mais nous n'oublierons pas Bibi, ni Florette ni toutes les autres!)

























samedi 17 septembre 2011

BONHEURS DE L'ILLUSTRATION






















VOINQUEL, échantillons du rêve.


"Tu m'as volé un dessin!" disait souvent Jean Cocteau à son ami Raymond Voinquel, grand photographe de portrait et des plateaux de cinéma des années 40 et 60. En effet on retrouve souvent la grâce juvénile des anges dormeurs du poète dans le traitement du profil, le modelé que la lumière et l'ombre que le photographe sut imposer à ces charmants visages. Voinquel fixa un certain imaginaire rétro autour de l'érotisme au masculin grâce à ses modèles, achétypes parfaits d'un certain réalisme poétique à la française. Les grandes vedettes de l'écran, Darieux, Feuillère, Arletty, Philippe, Montand, Jourdan ou Marais, alors jeune inconnu, posèrent pour lui dans les halos sublimants de ses dispositifs lumineux. Leçon d'un grand maître, échantillons du rêve en noir en blanc.


















mercredi 14 septembre 2011

PLAIN CHANT



Pour illustrer un des plus beaux poèmes de Jean Cocteau et du lyrisme de langue française, j'ai choisi ces quelques captures de l'acteur Guillaume Depardieu dans l'étrange film de l'étrange Leos Carax "Pola X". Quelque chose de Jean Marais dans l'allure et la grâce brisée de Guillaume, et Carax qui tient Cocteau comme un de ses grands maîtres, le filme comme Jean filmait Jeannot.

PLAIN-CHANT

Je n'aime pas dormir quand ta figure habite,

La nuit, contre mon cou ;

Car je pense à la mort laquelle vient trop vite,

Nous endormir beaucoup.



Je mourrai, tu vivras et c'est ce qui m'éveille!

Est-il une autre peur?

Un jour ne plus entendre auprès de mon oreille

Ton haleine et ton coeur.

Quoi, ce timide oiseau replié par le songe

Déserterait son nid !

Son nid d'où notre corps à deux têtes s'allonge

Par quatre pieds fini.




Puisse durer toujours une si grande joie

Qui cesse le matin,

Et dont l'ange chargé de construire ma voie

Allège mon destin.

Léger, je suis léger sous cette tête lourde

Qui semble de mon bloc,

Et reste en mon abri, muette, aveugle, sourde,

Malgré le chant du coq.


Cette tête coupée, allée en d'autres mondes,

Où règne une autre loi,

Plongeant dans le sommeil des racines profondes,

Loin de moi, près de moi.

Ah ! je voudrais, gardant ton profil sur ma gorge,

Par ta bouche qui dort

Entendre de tes seins la délicate forge

Souffler jusqu'à ma mort.


mardi 13 septembre 2011

JOAN CRAWFORD



Après les portraits de Fayoum aux regards si inquiétants et "Les yeux sans visage" de Franju, le masque fascinant de Joan Crawford est venu imposer sa sidération déjà trop retardée sur ce blog. Il m'a fallu attendre de recueillir quelques-uns de ses plus beaux portraits photographiques, lesquels ne manquent pas vu l'exceptionnelle puissance expressive de ce visage rescapé du règne implacable du cinéma muet. Plus que tout autre Joan nous rappelle qu'être actrice c'est d'abord disposer d'un visage qui parle à lui tout seul et vous érige dans un statut d' icône au sens mystique et contemplatif du terme. Ainsi donc, bonne contemplation.