samedi 4 avril 2015

BLACK NARCISSUS


"Le narcisse noir" est un véritable chef-d'oeuvre oublié pour cinéphile non repenti. Réalisé en 1947 par Michael Powell et Emeric Pressburger d'après le roman de l'anglaise Rumer Godden, ce film a reçu un oscar pour la somptueuse photographie de Jack Cardiff. Entièrement tourné dans les studios britanniques  et filmé selon les procédés du Technicolor, "The Black Narcissus" est avant tout un bijou visuel aussi étincelant que ceux de l'Inde Himalayenne où  le spectateur croit vraiment que le tournage a eu lieu !
 Des religieuses conduites par la sublime Deborah Kerr investissent un ancien harem sur un piton rocheux frappé par les vents afin d'y installer un dispensaire et une école pour les villageois . Le lieu à l'atmosphère sulfureuse et hostile aura tôt fait de perturber les esprits et les corps de ces femmes au bord de la crise de foi… Au-delà de l'anecdote exotique qui peut faire sourire, le film fonctionne comme un mélodrame où tout un théâtre des conflits féminins et masculins se déploie dans une distribution savoureuse : la sainte, la pêcheresse, la repentie, la défroquée… le sage, le débauché, l'effeminé. Tout le cortège des passions humaines défile devant nous sur fond de mysticisme et de moustiquaires !. Tous  essaient de lutter un temps contre les effluves obsédantes de ce "narcisse noir" qui pourrait être comme l'haleine du diable dans ce sanctuaire mal défendu. Les interprétations psychanalytiques fleurissent à chaque scène. La patine du temps a beau avoir baigné ce film dans une esthétique kitsch et flamboyante ( on n'est pas loin de Pink Narcissus !) on sourit souvent et on s'émeut plus d'une fois. Le sublime visage de Miss Kerr suffit à ce qu'on se convertisse à ce film culte !























mercredi 11 mars 2015

DUANE MICHALS


Photographe américain d'une délicatesse empreinte de mélancolie et sensualité, Duane Michals est un artiste qui sait charmer, étonner, inquiéter, émouvoir. Ces séries en noir et blanc évoquent des univers de solitaires en quête d'amour, exilés au pays des rêves et des distorsions spéculaires. Pour en savoir plus cet excellent article de  L'Oeil et cette sélection de photographies admirables.

« La Nécessité du contact », l’écrivain photographe Hervé Guibert recueille ainsi son plus beau message : « Il faut se toucher les uns les autres pour rester humains. La seule chose qui puisse nous sauver est le contact. Les phrases les plus importantes n’ont d’ordinaire que deux mots, ou moins : je veux, j’aime, excuse-moi, touche-moi, j’ai envie, j’y tiens, merci. » Duane Michals