mardi 15 juillet 2014

NEGO CHIN


Le Nego Chin est une barque à fond plat qui passe dans les eaux peu profondes. Cette embarcation peu stable était utilisée pour la pêche ou la chasse, dans les marais. Traduction : « noie-chien ». C’est une embarcation rustique, très légère, rapide et extrêmement maniable. Cette embarcation est typiquement provençale.

L’Isle sur la Sorgue fut une grande ville de pêche grâce à ces barques à fonds plats. Les pêcheurs partaient, été comme hiver, armés de diverses manières, en quête d’écrevisses, de truites, d’ombres ou d’anguilles.

Sur le Nego Chin, on se tient debout, il n’y a pas de banc. Cette barque glisse littéralement sur l’eau afin de faire corps avec la rivière et de ne pas effrayer les poissons.





















Hommage aux canotiers de la barque plate Nego Chin typique de l'Isle-sur-la Sorgue, Vaucluse France

PHOTOGRAPHIES de SEBASTIEN PAUL LUCIEN

vendredi 27 juin 2014

TERRAIN VAGUE


"Terrain vague" est une oeuvre tardive du grand Marcel Carné qui malgré des défauts de scénario vaut pour sa valeur documentaire, son souci de capter une jeunesse jamais encore filmée, celle des grands ensembles de la banlieue parisienne du début des années soixante. Film sur une bande et ses codes juvéniles, sorte de "Fureur de vivre" à la française sans la grâce de la modernité américaine, on y croise des acteurs, attendrissants ou singuliers, castés avec le goût très sûr de Carné pour les ravissants jeunes premiers et dont hélas aucun n'a fait vraiment une carrière significative. Le film fut un échec commercial et critique, décrié pour ses maladresses d'écriture et sa facture obsolète alors qu'il a le mérite de saisir l'ennui et la révolte stérile des loubards. Malgré une histoire mal ficelée et un manque de naturel dans le jeu des adolescents on y trouve de jolies scènes pleines d'ambigüité ou teintées de cette poésie néo-réaliste qui a fait les grandes heures de Marcel Carné et du cinéma français. 

Libération
« Son film de blousons noirs tirant sur le rose m’a atterré, agacé et exaspéré. C’est du cinéma dépassé qu’il nous a fait. Tiré au cordeau comme d’habitude, et admirablement photographié (…). Le titre du film résume d’ailleurs mon opinion : ce film n’est qu’un terrain vague où nous errons sans but et avec ennui, parmi de vieilles pierres, de la ferraille rouillée, de vieux bouts de ficelles, paysage morne et désolé, image d’un cinéma défunt. »
Jeander, 14.11.1960