jeudi 20 juin 2013

JACOULET, LES JOURS HEUREUX


Il y a quelques années que je nourris une passion secrète et honteuse pour l'œuvre de Paul Jacoulet.
L'évoquer en public me valait des sourires narquois agrémentés de condescendantes remarques sur "les kitscheries exotiques" et " la mièvrerie décorative" que suscitait son travail. Depuis qu'une exposition lui a été consacrée en ce début d'année au prestigieux Musée du quai Branly, on peut aimer Jacoulet sans vergogne et l'encenser sans crainte. Pourquoi ce discrédit soudain mué en effet de mode ?
Serait-ce que son raffinement désuet et son goût immodéré pour les couleurs pastels jurent dans un monde gris, trop entiché du faux sérieux de la réalité quotidienne. La douceur de Jacoulet, à la manière de la fadeur de Verlaine, oppose à la rudesse des visions quotidiennes un univers languide et harmonieux, un micro-climat où s'épanouissent ces hommes- roseaux, ces femmes-fruits, sa faune aérienne mêlant fleurs et papillons, ses cieux délavés que n'altère nul souci.
Dans cet Eden qui rappelle "La vie antérieure" ou "Parfum exotique" de Baudelaire, une sensualité édénique se déploie et ouvre les portes extrêmes-orientales du rêve ou du souvenir. Alors puisque la Micronésie de Jacoulet est désormais "un univers flottant" devenu très fréquentable, cédons avec délice à cette invitation au voyage...















1 commentaire:

Javier Arnott Álvarez a dit…

Sencillamente precioso, de una simplicidad llena de luz y optimismo.