lundi 10 juin 2013

LEONOR FINI



Les "chatteries" existentielles et picturales de cette féline italienne née en Argentine ont leurs limites et n'ont pas toujours la grâce de me charmer. Cette confusion entre l'oeuvre et la vie sent souvent la pose même si je conçois que l'art de la représentation puisse déborder de la toile. 
Toutefois je suis sensible à l'atmosphère bizarre et à la sensualité débridée de certaines de ses créations. Son goût du masque, de la parure et de la nudité théâtralisée confine à un fétichisme visuel qui trouve parfaitement sa place dans le mouvement surréaliste, mouvement en fait si figé dans ses diktats et son sectarisme que la sphinge sauvage jamais ne s'y laissa prendre. 
Photographiée par Brassaï  au bal des Noailles, ou réfugiée en Corse dans son monastère en ruines, travestie de costumes vénitiens ou nue parmi ses théories de chats, elle ne doit pas nous faire oublier son immense travail de peintre. Son culte du beau et de l'étrange nous invite à nous laisser glisser avec délice dans cet univers si personnel entre onirisme et fantastique.











6 commentaires:

Les habitants de l'Avenue a dit…

je connais indirectement la troisième peinture par la couverture de ce roman lu il y a des années : http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/la-peau-froide-0

Sébastien Paul Lucien a dit…

On m'a conseillé ce très beau livre chilien... que j'ai dans ma bibliothèque en espagnol sans l'avoir encore lu ! tu m'as rappelé à son souvenir via Leonor ! merci !

Brebis Gall a dit…

elle avait du talent !

André a dit…

J'ai eu le privilège de l'interviewer à la fin des années soixante. J'avais remarqué que les hommes avaient disparu de ses oeuvres, il n'en restait peut-être qu'une trace, la silhouette qu'on dessine par terre autour d'un cadavre (notamment dans un compartiment de train, je crois). Nous en avions parlé à mot couverts, elle avait acquiescé. Le dialogue se passait debout car elle avait mis un pantalon fuseau de cuir très tendu et nous bougions comme deux boxeurs sur le ring tandis que le photographe se cachait derrière les fauteuils qui nous entouraient pour la surprendre à un moment où elle ne prendrait pas la pause.

Sébastien Paul Lucien a dit…

Merci André pour ce commentaire qui nous fait partager ta rencontre avec cette dame étrange et fascinante comme le sont ces toiles !

Javier Arnott Álvarez a dit…

Portentosa mujer tanto con su vida como con su obra.