dimanche 11 avril 2010

LE ROUGE ET LE NOIR ...et autres teintes.



Que ce soit les couleurs de Stendhal ou celles de Jeanne Mas (sic), le rouge et le noir sont les deux couleurs entre lesquelles oscillent la passion et la mélancolie.
Il suffit d'y plonger un jeune homme pour voir ces teintes se troubler, se mêler, vibrer ensemble dans leurs belles contradictions. Et que la cristallisation fasse le reste!



Plus de nuances sur le lien suivant: http://saintsebastien.blogspot.com/

samedi 10 avril 2010

ZAPOTECA QUEEN



Lila Downs, mexicaine for export, est une artiste emblématique d'une culture musicale populaire mexicaine qu'elle a su savamment cuisinée et assaisonnée de modernité. Surfant sur la vague Frida Kahlo et le revival folklorique latino, elle est une sorte de Manu Chao version autochtone et féminine mais douée d'une musicalité plus aboutie.
Sa voix parfaitement maîtrisée est capable d'une grande versatilité qui la conduit à pouvoir imiter une Yma Sumac, une Chavela Vargas ou encore une Mercedes Sosa quand le public est argentin, comme hier soir au Gran Rex. Public gagné d'avance et de nouveau conquis par un programme éclectique et festif où ne manquent rien de ce qui a rendu l'artiste populaire: les rancheras bien huilées, les boleros doucereux, les canciones graisseuses de cantina mâtinées de rap ou reggaeton/vallenato...
Bon, il faut reconnaître que miss Lila Downs sait occuper une scène avec grâce et énergie, ondulante, chalereuse, généreuse... et que la fiesta mexicana qu'elle concocte à travers les scènes du monde entier fait passer un moment très agréable.

http://www.youtube.com/watch?v=Sv0cvo4JGJo&feature=related


jeudi 8 avril 2010

SO IN LOVE WITH KEIRA


Depuis longtemps je n'avais autant craqué sur un visage d'actrice comme sur celui de Keira Knigthley, que j'ai pu contempler et approfondir tardivement mais intensément grâce aux films de Joe Wright qu'elle illumine de sa présence "Pride and Prejudice" et "Atonement".

Dans le premier adapté de Jane Austen, elle y campe une jeune héroïne aussi romantique qu'ironique, qui évolue dans des paysages naturels dignes des grands peintres anglais du 19ème ou des salons de palaces qui semblent reproduits par Visconti. Depuis Claudia Cardinale dans "Le Guépard"ou Adjani dans "Adèle H", on n'avait jamais retrouvé cette incandescence et cette grâce farouche.










Dans le moins réussi"The edge of love" elle incarne une chanteuse glamoureuse dans le Londres équivoque de la seconde guerre mondiale. La photographie y est parfois trop impeccable, mais Keira s'en sort à merveille...









mardi 6 avril 2010

LE BAISER DE LA MATRICE



Je viens à l'expérience du Baiser de la matrice, ce projet de lecture intégrale et filmée en ligne du roman de Proust "A la recherche du temps perdu". Des gens du monde entier s'inscrivent, reçoivent une page aléatoirement attribuée et s'enregistrent en direct. Chaque page est ainsi mise en voix, répercutant en un écho universel la musique proustienne.
Le site est visible à partir de ce lien:

http://www.lebaiserdelamatrice.fr/

Curieux, je m'inscris et reçois une page au hasard. De quel hasard parle-t-on ici? un message du destin plutôt? une ironie du sort certainement!



Tome 7 Le temps retrouvé.
Monologue de Charlus et commentaire du narrateur. Tant mieux !J'adore lire les grandes tirades charlusiennes, imiter la voix imaginaire que je lui prête à partir des Charlus que j'ai moi-même croisés, et de celui au pire que je suis déjà ou que je risque de devenir...
Pour aller plus à fond dans le grotesque, le monologue porte sur le goût du Baron pour les petits soldats, les petits poilus, qu'il adore et aborde dans la rue...Hum hum!
Puis vient un éloge de la belle virilité du soldat allemand avec des citations dans la langue de Goethe que je ne sais pas prononcer.
Et enfin ce passage sublime sur le dilettantisme littéraire et existentiel qui ne me semble pas tombé au hasard, hélas...

" " Nous nous sommes abîmés dans le dilettantisme."
Ce mot signifiait probablement pour M. de Charlus quelque chose d'analogue à la littérature, car aussitôt, se rappelant sans doute que j'aimais les lettres et avais eu un moment l'intention de m'y adonner, il me tapa sur l'épaule (...) et il me dit comme pour adoucir le reproche : «Oui, nous nous sommes abîmés dans le dilettantisme, nous tous, vous aussi, rappelez-vous, vous pouvez faire comme moi votre mea culpa, nous avons été trop dilettantes

Comble de ridicule au visionnage ma voix est en décalage avec mes lèvres et je me retrouve en différé, dans un discours "intermittent" à grimacer sur l'écran.
Temps perdu?
( non je ne livrerai pas ici le numéro de la vidéo pour me voir dans ce papelon! lol)

lundi 5 avril 2010

ENTREZ DANS LA RONDE


Je me plonge dans l'oeuvre de Max Ophuls... un vrai bonheur! Du vrai cinéma d'auteur, comme disait Truffaut, où chaque plan est pensé et construit avec grâce.
Avec son adaptation libre de Arthur Schnitzler "La Ronde" il donne à la caméra et à ses séquences une fluidité et un sens du vertige digne d'une valse lente.. Distribution exquise, on y goûte la crème des acteurs de la grande époque du cinéma français: Simone Signoret, Daniel Gélin, Danielle Darieux, Gérard Philippe, Simone Simon, Jean-Louis Barrault et Odette Joyeux délicieuse en grisette ( avec qui j'ai eu l'honneur de déjeûner il y a tout juste 20 ans quand elle fut devenue une aimable écrivaine).
Les décors et costumes chez Ophuls sont d'un raffinement savant et toujours intégrés comme éléments dramatiques ou psychologiques: miroirs, grilles, fenêtres, escaliers tournants, lustres, éternels lustres de cristal qu'il ne se lasse pas de filmer, tout nous parle de cette ronde et des illusions, des éclats et des brisures qu'elle provoque.
L'histoire est jolie, la ronde des amours, le manège des passions, la valse des coeurs... risibles amours? Qui voudrait encore croire à ce jeu des chaises tournantes?..







lundi 29 mars 2010

LA ROBE VERTE



"Atonement" de Joe Wrigth, psychodrame historique de très grande qualité, pour les yeux et pour le coeur des gentils cinéphiles.
Pour le plus puissant plan-séquence de la débâcle anglaise sur la plage de Dunkerque !!!!
Pour le plus beau duo de jeunes premiers britanniques (l'éblouissante Keira Knigthley et le séduisant James Mac Avoy)!


Pour une direction d'art et une photographie impeccables!
Pour le final avec Vanessa Redgrave qui rajoute une couche de finesse à l'ensemble!
Mais surtout pour la robe de l'héroïne Cecilia, "la plus belle robe de l'histoire du cinéma" selon un ami au gôut très sûr... bon n'exagérons rien, disons: la plus belle robe verte de l'histoire du cinéma, assurément!









TRAILER : http://www.youtube.com/watch?v=rkVQwwPrr4c

samedi 27 mars 2010

SODOME ET GOMORRHE


"N'étant jamais parvenus à la véritable maturité, tombés dans la mélancolie, de temps à autre, un dimanche sans lune, ils vont faire une promenade sur un chemin jusqu'à un carrefour, où, sans qu'ils se soient dit un mot, est venu les attendre un de leurs amis d'enfance qui habite un château voisin. Et ils recommencent leurs jeux d'autrefois, sur l'herbe, dans la nuit, sans échanger une parole."

Marcel Proust Sodome et Gomorrhe I




Peintures de Caillebote.