mercredi 17 octobre 2012

PAYS NATAL



A la dérive, ma barque solitaire descend le fleuve de la mémoire.
Fleuve sombre où se réflètent bien des visages aimés.
On a beau fuir sous d'exotiques ou tristes tropiques, ouvrir ses ailes sous des horizons qu'on voudrait toujours inconnus, concevoir sa vie comme une illusoire série d'évasions, le mal du pays nous rattrape toujours et la mère-patrie saigne quelque part en nous.

Nostalgie :"la douleur du retour", ou le retour de la douleur?
Mot que les anciens grecs inventèrent pour les marins, les voyageurs, les missionnaires et les exilés, tous les Ulysse à venir....
Retour vers un lieu qui n'existe plus du reste, puisque ce rivage familier tant désiré le temps de l'absence l'a changé, transformé ou détruit, remplacé par un lieu à réapprivoiser, à domestiquer une fois encore.

 "Home is where it hurts" dit le proverbe.
On habite vraiment là où ça fait mal.
Même si on l'a quitté depuis longtemps, on appartient à ce territoire de l'enfance où l'on revient régulièrement communier avec l'été.

 Le pays natal gémit au fond du coeur ce soir.
Alors j'en convoque les images pour le cérémonial mi-doucereux mi-douloureux du souvenir.
La saudade prend des couleurs du temps!



















Photographies SPL

3 commentaires:

André a dit…

Bonjour Sébastien! Oui, la nostalgie c'est la résurgence d'une mélancolie enfouie, langueur pour un coin de pays, ou un homme aimé.

Javier Arnott Álvarez a dit…

Una entrada llena de melancolía, de los reflejos dorados de tu estancia en tu tierra.

Anonyme a dit…

intelligence et beauté :

un chef-d'oeuvre vivant.