mardi 17 avril 2012

BILL GEDNEY



Belle découverte que celle de William Gedney, photographe américain peu connu de son vivant et qui commence depuis dix ans à gagner la place de premier plan qui lui revient. Il s'inscrit dans la tradition du réalisme américain, toujours soucieux de représenter le quotidien des exclus du rêve made in USA et des marginaux de la contre-culture. Il sait aussi extraire la beauté et la grâce de ces groupes humains auxquels il s'intègre et dont il partage l'existence. Par un démarche d'immersion sociale et un vrai tissage de liens affectifs avec des familles américaines ou des étrangers croisés par hasard, il amène ses "modèles" à un stade de confiance et d'intimité qui donne pour résultat ces photographies où dominent un abandon, un naturel plein de grâce et de vérité.


Paysans, émigrants ou ouvriers au chômage, hippies ou gays de San Francisco, sages misérables des bords du Gange... tous ces sujets offrent ou se laissent voler des instants de leur difficile existence avec une dignité et une noblesse qui imposent le respect. Une sensualité diffuse parcourt ces portraits et ces scènes de groupe où éclatent la beauté en friches, la beauté en guenilles, la beauté tout court. Un grand souffle de simplicité et de force dramatique traverse ses images. Le photographe ignoré et tendre qu'était Bill Gedney laisse entrevoir le meilleur de son âme nomade et de son regard aussi esthétique qu'humaniste dans ses clichés inoubliables.








1 commentaire:

Javier Arnott Álvarez a dit…

Hace tiempo le dediqué una entrada en mi blog, y fue esa naturalidad llena de verdad lo que me cautivó de la mirada de este fotógrafo.