mardi 13 septembre 2011

GEORGES FRANJU





En attendant le prochain Almodovar, je jette un oeil assez fasciné sur le travail de Georges Franju qui a inspiré le madrileñe pour "La piel que habito" notamment avec son chef d'oeuvre "Les yeux sans visage". A la fois sombrement réaliste et imprégné de fantastique angoissant, ce film est surtout inoubliable pour son atmosphère poétique si personnelle qui lui permet d'échapper à la série B avec laquelle il s'acoquine sournoisement.

Un grand chirurgien esthétique ( Pierre Brasseur) tente de greffer un nouveau visage sur celui de sa fille mutilée lors d'un accident où il conduisait. Aidée de la fidèle assistante ( Alida Vali au visage aussi charmant qu'inquiètant) il va capturer, séquestrer et "dévisager" des jeunes filles ressemblant à la sienne qu'il garde à l'abri des regards et de la vie dans un sinistre château-hôpital et sur laquelle il tente des greffes du visage ( ce n'est plus aujourd'hui de la science fiction!).


Film noir s'il en est, il offre des séquences d'un onirisme cauchemardesque traitées avec le plus grand soin sur le plan des décors et des éclairages. On trouve chez Franju un culte du bizarre, un sens du détail qui tue et une complaisance dans la perversion raffinée qui rappelle (ou annonce) Hitchcock. Les exercices de style visuels sur le thème du visage, du regard et du masque offrent des plans chargés d'un expressionisme qui n'aurait pas déplu en son temps aux surréalistes de la bande à Breton, grand amateur lui-même du Fantomas de Louis Feuillade. Il est d'ailleurs très intéressant de voir comment Franju fait un sort au statut du visage des acteurs et du gros plan, si propres à l'art cinématographique, en les masquant, bandant, en les camouflant pour les priver de leur pouvoir d'expressivité, les réduisant au statut de poupée ou pantins et célébrant ainsi les pleins-pouvoirs et le triomphe du metteur en scène.




















ans la même veine "fantomastique", le long- métrage de Franju intitulé "JUDEX" est une variation sur le thème du héros justicier et énigmatique. Les vieux salauds ambitieux et les jeunes filles ingénues ou perverses s'y côtoient mêlés à un insolite défilé de bonnes soeurs, cambrioleurs, détectives, acrobates et gavroches pittoresques. Plus fantaisiste que fantastique, Judex offre quelques scènes inoubliables comme celle du bal des oiseaux.






















1 commentaire:

pe-jota a dit…

Très curieux, je ne connaissais pas ce film, mais depuis la sortie du film d'Almodóvar se ressemblent tous sources.