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lundi 2 septembre 2013

LE SANG D'UN POETE




"Poésie de cinéma" ainsi Cocteau nommait-il ses œuvres pour le grand écran. "Le sang d'un poète" mérite cette étiquette à plus d'un titre. Film précurseur du cinéma surréaliste, (même si Cocteau fut honni et piétiné par la bande à Breton qui organisait des commandos pour en saboter les projections), il s'élève par sa grâce et créativité bien au dessus des réalisations de Buñuel et Dali souvent engluées dans les pesanteurs doctrinaires et la misogynie navrante de leur époque. 
Cocteau ouvre dans cet opus une série de portes sur le rêve, la création poétique, le fantasme, l'enfance, les paradis artificiels, l'androgynie... qu'il sut décliner dans la plupart de ses autres œuvres. Son sens de la théâtralité, ses talents de plasticien, sa magie du verbe ajoutent aux charmes de cet objet cinématographique. On y découvre une exploration très avant-gardiste des obsessions de son créateur avec des moyens techniques certes très limités mais que rehausse un génie du trucage artisanal. Statues vivantes, plaies parlantes, traversées de miroirs et rencontres avec l'étrange.... toute la mythologie de Cocteau glisse à la surface de la pellicule comme une boule de neige ou un jet d'encre renversant un dormeur aux yeux grands ouverts sur sa propre nuit.


















dimanche 30 décembre 2012

N'AIMEZ PAS LES MARINS



"Mes sœurs, n'aimez pas les marins 
A peine ils sont venus qu'ils partent 
Mes sœurs, n'aimez pas les marins 
Ils font vivre dans le chagrin 
Et les suivre sur une carte 
Mes sœurs, n'aimez pas les marins





Mes sœurs, n'aimez pas les marins 
Nous n'avons pas vu ce qu'ils virent 
Mes sœurs, n'aimez pas les marins 
Je les aimais et je les crains 
Car ils n'aiment que leur navire 
Mes sœurs, n'aimez pas les marins



Mes sœurs, n'aimez pas les marins 
La solitude est leur royaume 
Mes sœurs, n'aimez pas les marins 
Où les suivre et sur quel terrain 
On aime en eux que des fantômes 
Mes sœurs, n'aimez pas les marins





Mes sœurs, n'aimez pas les marins
Ils vous embrassent pour la forme
Mes sœurs, n'aimez pas les marins
Ils vous mettent le cœur en train
Ils font l'amour et ils s'endorment
Mes sœurs, n'aimez pas les marins






J'en aimais un qui m'a tuée 
Mes sœurs, n'aimez pas les marins 
Leur départ vous casse les reins 
Et ils rient des prostituées 
Mes sœurs, n'aimez pas les marins ! "

 chanson de JEAN COCTEAU





Immortalisée par Marianne Oswald   :