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mercredi 16 mars 2011

LE FLAMBOYANT MIGUEL DE MOLINA



Miguel de Molina, le célèbre chanteur de coplas qui avait fui les foudres du franquisme et poursuivi en Argentine sa carrière sous l'aile d'Evita Peron, est à l'honneur au Centre Culturel de Recoleta, à travers une exposition qui lui rend hommage et restitue toute sa gloire flamboyante.



Celui qui chantait la nostalgie de la mère patrie espagnole avait su créer un look unique en son genre à cette époque: il osa les manches bouffantes, les éventails et les boléros brodés réservés à las señoras et imposa ses tenues baroques et ses poses manièristes pour le plus grand plaisir du public de la calle Corrientes, amateur d'excentricité et prêt à tout accepter de ce rossignol andaloux.



L'exposition offre la possibilité de reconsidérer la place de choix que Molina occupa dans les années 40 et 50 sur le marché du spectacle et du cinéma musical latino-américain. Photos dédicacées à Miguelito des plus grandes gloires de son temps, affiches qu'Almodovar adorerait, collections de bottines multicolores... tout permet de se faire une idée de l'aura bigarrée et un rien curci qui fut celle de Molina.







Pour ceux qui veulent en savoir plus: http://www.youtube.com/watch?v=ssYAvqm1Nu0

lundi 16 août 2010

LAS COSAS DEL QUERER



Pour en finir avec les espagnolades et le fantôme de Miguel de Molina, quelques clichés du film espagnol culte "Las cosas del querer" avec Manuel Bandera, plus beau garçon que bon chanteur, et la magnifique Angela Molina. Du kitsch de qualité et des séquences musicales et sexies très réussies! OLE!








dimanche 8 août 2010

TATOUAGE



Plusieurs raisons pour aimer la dernière création du génial Alfredo Arias "Tatuaje" enfin présentée à Buenos-Aires dans sa langue et folie originales:
- le titre est emprunté à un sirupeux boléro entre autres interprété par la diosa Sarita Montiel
- l'action est centrée sur la vie de Miguel de Molina, flamboyant chanteur de coplas persécuté par le franquisme pour être trop rouge et trop rose à la fois dans une époque qui n'aimait que le noir



- l'autre protagoniste de l'oeuvre est Evita del sur, alias Peron, protectrice de Molina refugié en Argentine, et Arias traite cette figure nationale avec une tendresse mêlée de cruauté qui peut faire grincer certains dentiers dans la salle
- les costumes somptueux sont signés par l'impeccable Pablo Ramirez qui s'affranchit parfois outrageusement de sa récente vocation à la couleur noire


- la scènographie minimaliste, trois chaises, est une démonstration magistrale du principe less is better : toutes les ressources gestuelles, scèniques, lumineuses sont exploitées avec tant de précision et invention qu'on pense assister à une méga-production.
- les interprètes Sandro Guida, Alejandra Radano et Marcos Montes sont des artistes de haute voltige vocale, capables de passer d'un genre à l'autre ( coplas, bolero, tango, jazz, pop...) avec une aisance et une justesse jubilatoires
- Carlos Casella transfuge du groupe El descueve illumine la scène à chacune de ses prestations: sa voix enchante littéralement le public, on tombe amoureux dès la première note.

- l'humour acide et queer inonde chaque réplique, quitte à désarçonner parfois le public de paisibles retraités peu coûtumiers du registre "mariconadas" au 33ème degrés, mais ça fonctionne jusqu'à la standing ovation


- la mélancolie et le mélodrame font partie de la fête, et la sensibilté de Arias, clown triste et maniéré, évoque un croisement entre Buster Keaton et Manuel Puig