lundi 6 février 2012

LA MORT DU PAPILLON


Pietro Citati est un brillant critique et romancier italien d'une grande finesse à qui l'on doit des ouvrages magnifiques sur Proust " La colombe poignardée", Homère " La pensée Chatoyante"ou encore sur Kafka ou Tolstoï.
Avec "La mort du papillon" il se penche sur le cas du couple Fitzgerald, Francis Scott et Zelda, et analyse leur relation sublime et torturée. Même si beaucoup de choses vraies ou fausses ont été dites sur ce duo emblématique des années folles, on trouve dans l'essai romancé de Citati des analyses très justes sur ce qui fait la spécificité de Fitzgerald comme grand romancier et sur le rôle de Zelda au destin si tragique dans l'inspiration de son écrivain de mari. Une grande partie de cette tragédie moderne qui inclut passion, trahison, décadence et folie se retrouve dans "Tendre est la nuit" que Fitzgerald composa en souvenir de leur existence dorée sur la Riviera et de la descente aux enfers des instituts psychiatriques.


"Je ne peux rien avoir, je ne peux absolument rien avoir, disait Anthony Patch dans les "Heureux et les Damnés". C'est comme un rayon de lumière qui se faufile ici et là dans une pièce; il s'arrête, il couvre d'or quelque objet insignifiant, et nous pauvres idiots essayons de le capturer - mais aussitôt le rayon de soleil se déplace sur une autre chose; et tu n'as capturé que la part sans intérêt; le scintillement qui te l'a fait désirer lui s'en est allé..."


Rien n'est plus douloureux que ce rayon qui se déplace, et les blessures que nous nous infligeons à le poursuivre. Celui qui écrit des poèmes et des récits guette les lumières qui se déplacent, les étincelles, les reflets, cependant qu'il écoute avec une attention toujours plus grande un son lointain, la grande ou la petite musique des choses perdues.


Si nous la cultivons intensément, la littérature nous donne ce privilège: "Les choses perdues deviennent de plus en plus douces." A mesure que nous errons, que nous échouons, que viennent le renoncement, la défaite, nous découvrons autour de nous, comme un présent ou un trésor qui n'appartient qu'à nous, une douceur toujours plus profonde qui envahit nos âmes."


1 commentaire:

Javier Arnott Álvarez a dit…

Una entrada de lo más interesante !!!