mercredi 22 février 2012

THE UNSPEAKABLE MAURICE


Une rétrospective perso des grands classiques de James Ivory me fait revoir un de ses chefs- d'œuvres "Maurice". Adolescent ce film alors "sulfureux et audacieux" était un des premiers à traiter le thème de cet "amour qui n'ose dire son nom" pour un plus large public qui y trouvait aussi le crédit ou le prétexte littéraire du roman de E.M Forster. Les premiers émois et tourments du jeune étudiant Maurice était aussi ceux de jeunes spectateurs comme moi qui dans l'obscurité de la salle voyait soudain projeter sur l'écran une histoire d'amour différente à laquelle pouvoir se référer et le combat inédit d'un personnage pour l'affirmation de soi et de ses désirs.




C'est une émotion différente vingt ans plus tard, mais tout aussi forte, à la fois nostalgique de cette étape de la vie qu'est la sortie de l' âge de l'innocence mais aussi consciente du chemin parcouru et des routes qu'il reste à ouvrir.
La grandeur du film, un efficace drame social et psychologique, repose surtout sur une question qui va au-delà de la revendication homosexuelle et qui est comme toujours celle de la liberté individuelle, du droit à l'épanouissement et à la reconnaissance dans une société épouvantablement répressive. Ce sont ces passages les plus "politiques" qui me touchent aujourd'hui, ceux où le personnage refuse la résignation, s'inscrit avec "attitude" dans la voie érotique qui est la sienne, franchit les barrières de la convenance hypocrite, des jugements médicaux et légaux, transgresse les frontières sociales en couchant avec un domestique qui le fera accéder à l'amour véritable.





La beauté et le talent des acteurs tellement saisis à fleur de peau, la finesse de la réalisation et le luxe édouardien de la mise en scène auquel Ivory nous a toujours habitué... tout ceci ne peut pas nous faire oublier qu'on assiste à des drames intimes en série et à la mise en accusation d'une des plus violentes injustices que la civilisation fait peser sur l'individu : la négation du droit d'aimer, donc de vivre au sens le plus élémentaire du terme.






2 commentaires:

Javier Arnott Álvarez a dit…

Aún me acuerdo del efecto que me produjo su estreno y la belleza del film, el cual poseo en DVD, pero aún así tiempo después leí la novela y es algo que recomiendo.

St Loup a dit…

Encore une fois, un billet formidable!