mercredi 15 février 2012

LE SYNDROME DE STENDHAL


Je propose ici une dernière livraison de mes éblouissements italiens, fragments d'œuvres capturés dans les musées et les rues du plus beau pays du monde. Et après je vous laisse en paix avec mes vacances italiennes!

"Ce syndrome est appelé ainsi en référence à l'expérience vécue par l’écrivain français Stendhal lors de son voyage en Italie, à l’étape de Florence, en 1817. Il écrit alors :

« J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »

Rome, Naples et Florence, éditions Delaunay, Paris -1826, tome II, p. 102

Stendhal n’a rien fait pour s’en prémunir puisque s’asseyant sur un banc de la place, il lut un poème pour se remettre, et vit que ses visions empiraient à la lecture de cette somme de culture ambiante dans les lieux : il fut épris et malade à la fois de tant de profusion." WIKIPEDIA

Ce trouble psychosomatique auquel les gardiens de musée de Florence sont préparés pour porter secours aux visiteurs qui en manifestent les symptômes ( attaque de panique, hallucinations, malaises, délires...) ne m'a hélas pas atteint de manière aussi violente que je l'espérais: j'étais mentalement préparé au choc esthétique florentin et vénitien! Mais j'ai frôlé le vertige et connu quelques trips extatiques face à de nombreuses œuvres et surtout face à leur accumulation excessive durant deux semaines.



Je n'ai hélas pas connu le ravissement dont a été victime un de mes anciens élèves croisés par le plus heureux des hasards un soir devant le Duomo: il me confia au cours d'une balade nocturne devant la Santa Croce que la veille il s'était évanoui à la Scala de Milano lors de l'acte deux de "Don Giovanni" au point qu'une ambulance était venue le secourir!

Avoir 20 ans, débarquer d'Argentine pour visiter la vieille Europe et défaillir en plein opéra de la Scala, renversé par l'émotion de la représentation et la beauté du lieu, c'est le summum du stendhalisme, non?